Guide du vin

Dès qu’il s’agit de parler du vin, les esprits s’enflamment, les yeux scintillent, les mots viennent plus aisément. Le vin est vecteur de culture, objet de toutes les tentations, sujet de si nombreux auteurs : Paracelse, Rabelais, Mauriac, Vincenot…
La plupart des coteaux où l’on cultive la vigne ont été le théâtre d’affrontements militaires indescriptibles et sanglants. On peut même, comme Pierre Ripert, parler de « sang de la vigne ». C’est, géographiquement et stratégiquement, compréhensible.

En effet, du néolithique à Vauban, on a construit des refuges sur les hauteurs ; à leurs pieds on se battait pour les défendre ou, pis, pour s’en emparer. La terre française a été « bonifiée » par les morts des combats.

Un exemple : en 102 av. J.-C., à Aix-en-Provence, Marius écrase les Cimbres et les Teutons au pied de la montagne Sainte-Victoire. Le massacre est terrible. Plutarque rapportera que « les corps décomposés dans les champs par les pluies d’hiver engraissent tellement la terre que l’été suivant elle est d’une fertilité prodigieuse ».
Ainsi peut-on penser que le rosé de Provence n’a pas que des arômes de thym et de lavande, mais a aussi un arrièregoût de Cimbre de deux mille ans d’âge…

Un peu partout dans le Bassin méditerranéen le vin s’exporte. Les Crétois, les Carthaginois, les Romains et les Gaulois bien sûr – inventeurs du tonneau cerclé – échangent des cépages, des arômes, des techniques… En France, l’implantation de vignes dans les trois premiers siècles de l’ère chrétienne est très rapide. Elle suit une double ligne : la Via aquitania d’une part, reliant la Méditerranée à l’Atlantique, le couloir rhodanien d’autre part, reliant la Provence à la Moselle. Naissent ainsi les grandes régions viticoles auxquelles les ordres monastiques donneront un nouvel essor au Moyen Âge en les élargissant au Val de Loire, gagnant même des régions comme la Bretagne ou les Flandres… Et déjà nous abordons d’autres rivages. Le vin a quitté son berceau méditerranéen. Le monde des marchands s’en est emparé. Il s’exporte vers le Nouveau Monde. Les Amériques voient arriver la vigne, les pays du Pacifique aussi. Les Anglo-Saxons deviennent viticulteurs, et pas si loin de nos côtes : à Jersey, par exemple

La culture de la vigne est difficile. La Bible ne nous l’enseigne-t-elle pas dans l’un des premiers récits, avec les chances et les malchances d’un vigneron confronté à un déluge d’eau, le paisible Noé ?
 
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